Partager l'article ! RÉFORME MILITAIRE. La nouvelle carte militaire va impacter à court et moyen terme la BA 106 à Mérignac et le camp de Souge à Martignas: Mode ...
Modernisation. Restructuration. Dissolutions d'unités et redéploiements. Le remaniement des forces armées bouleverse la donne des implantations territoriales. Des régions y gagnent, d'autres pas.Les communes de Martignas-sur-Jalle et Mérignac vont-elles faire les frais de cette rationalisation ? Le mercato militaire va-t-il ébranler leur équilibre social et économique ?
« Si Talence a ses facultés, à Martignas, nous avons nos militaires », répète souvent Michel Vernejoul. Une façon pour le maire socialiste de revendiquer cette tradition, enrichie d'un versant aéronautique avec l'implantation de Dassault aviation.
Une méthode expéditive
La nouvelle carte militaire a déjà fait une victime : l'état-major de la 2e Brigade logistique. Sa dissolution entraîne l'effacement d'une centaine de personnels civils et militaires. Le 503e Régiment du train, qui fournit le gros des troupes, s'apprête lui aussi à tirer sa révérence. Fort de 1 112 personnels, il rejoindra Nîmes à compter de 2011.
Néanmoins, son départ sera largement compensé par l'arrivée du 13e Régiment des dragons parachutistes, en provenance de Dieuze. Satisfait de « cette opération presque blanche », Michel Vernejoul se dit en revanche froissé par la méthode expéditive du président Sarkozy.
« Je ne conteste pas la nécessité d'une réforme, mais la brutalité de sa méthode me désole. Nous avons été mis devant le fait accompli. Si, comme il le dit, l'armée n'a pas vocation à faire de l'aménagement du territoire, il oublie de souligner que les collectivités locales le font à sa place. Nous sommes en première ligne pour les écoles, les équipements sportifs et culturels, le logement. »
Quelques chiffres : depuis 1998, les familles de militaires scolarisent 200 enfants par an, de la maternelle au collège. En primaire, les effectifs cumulés remplissent l'équivalent de trois classes. Ce paramètre n'est pas étranger à la décision prise en 2007 de construire l'école (Flora-Tristan). Le poids dans l'accueil périscolaire est tout aussi probant.
Martignassais à part entière, les militaires participent à la vie associative, consomment et se logent (en partie) sur place. Cette réalité coule tellement de source que l'équipe municipale a délégué un élu, en l'occurrence Michel Bastida, pour traiter les demandes en lien avec les besoins du camp de Souge. En particulier dans le domaine du logement.
Les « résidences ghettos » n'étant plus tendance, la municipalité, avec le concours du bureau du logement des armées, négocie des réservations d'appartements dans le cadre de programmes immobiliers.
Pour accueillir le 13e Régiment des dragons parachutistes, Michel Vernejoul a été invité à endosser son costume de VRP pour vanter les atouts de sa commune afin d'anticiper au mieux la bascule. Le but étant de limiter au maximum les « pertes » de militaires entre Dieuze et la cité girondine.
2 700 personnes à la BA 106
La capacité à insérer professionnellement les conjoints sera prépondérante. D'où la nécessité d'établir dès maintenant un plan de revitalisation du territoire. Dans cette optique, l'État prévoit le déblocage d'une enveloppe de 2 millions d'euros pour la Gironde. « On reste dans le flou, j'espère qu'il ne s'agit pas d'un simple effet d'annonce », commente l'édile socialiste.
Boxant dans la même catégorie, la base aérienne 106 de Mérignac rassemble une communauté de 2 700 personnes, dont 22,5 % de femmes. Elle englobe une mosaïque de métiers, d'unités et de services.
Cela fait déjà plusieurs années que son organigramme évolue au gré de la montée en puissance d'Air 2010. À ce titre, la perte de l'état-major de la région Sud a été amplement compensée par l'arrivée du commandement du soutien des forces aériennes (CSFA). Une direction directement placée sous l'égide de l'état-major de l'Armée de l'air (Emaa).
L'arrivée possible de la Simmad (Structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense) représente le prochain défi. Dans la balance : l'installation de 450 personnes et de leurs familles.
Elle découlerait de la logique du Livre blanc sur la Défense et de la nouvelle carte militaire. Pour l'heure, le dossier est coincé dans les tuyaux. « Je suis incapable de dire où ça en est », certifie le colonel Patrick Joubert, commandant de la Base 106.
Selon la thèse de l'Armée de l'air, « il y aurait du sens à regrouper Simmad et CSFA, qui interviennent de manière directe sur le maintien des conditions opérationnelles, c'est-à-dire l'entretien de nos flottes d'aéronefs », explique le colonel Joubert
Ce rapprochement favoriserait des synergies. Par ailleurs, Mérignac concentre dans un rayon de 15 kilomètres tous les grands industriels du secteur aéronautique. « L'arrivée de la Simmad à l'horizon 2012-2013 pourrait déclencher, par effet boule de neige, de nouvelles délocalisations industrielles vers Bordeaux. » Une aubaine dans l'optique de l'Aéroparc.
De nouveaux bâtiments
L'affectation en Gironde du Commandement du soutien des forces aériennes (CSFA) avait entraîné la construction d'un bâtiment de 13 millions d'euros sur la base. Ce nouveau redéploiement pourrait à son tour faire surgir de terre un nouvel immeuble.
Plus que le budget de mérignac
Le projet est dans les cartons, l'investissement avoisinerait les 9 millions d'euros. L'installation échelonnée de 450 nouvelles familles injecterait du pouvoir d'achat supplémentaire dans la région.
Globalement, les retombées économiques annuelles de la BA 106 sont évaluées à 100 millions d'euros. L'enveloppe comprend les salaires, les budgets de fonctionnement et d'investissement. C'est plus que le budget 2009 de la ville de Mérignac : 91 millions d'euros.
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