
Hier matin, toutes les bases de l'Armée de l'air ont commémoré d'une seule voix les 75 ans d'existence de leur institution, portée sur les fonts baptismaux par une loi promulguée le 2 juillet 1934. Cette décision de créer une nouvelle armée prenant en compte l'élargissement des frontières du champ de bataille intervient une quinzaine d'années après la Première guerre mondiale qui a révélé l'émergence de la composante aérienne dans les combats et cinq ans à peine avant la Seconde.
Mais l'histoire qui lie ce corps à la ville de Salon débute avant même cet acte de naissance officiel. Répondant à un appel du ministère de l'air en recherche d'un
site pour accueillir l'école de l'air de cette nouvelle "force", Louis Rodin, maire de Salon de 1929 à 1944, porte la candidature de Salon. Résolu et audacieux, en gage de sa détermination il va
jusqu'à contracter un emprunt pour acquérir des terrains qu'il cédera à l'État une fois le site de Salon définitivement retenu en mai 1933. Un choix stratégique alors vivement critiqué dans les
milieux aéronautiques.
Histoire mouvementée
Dès son plus jeune âge, la base connaît une histoire mouvementée. En juin 1940, l'école est fermée avant que le site ne soit occupé par la Wehrmacht fin 42 après l'invasion de la zone libre par
les Allemands. Lorsque la Provence est libérée en 1944, la base a essuyé plusieurs bombardements et les Alliés découvrent un site en partie détruit.
Après une longue reconstruction, la BA 701 peut alors se projeter vers l'avenir et entamer sa modernisation. Louis Rodin avait-il conscience de la portée de son action? 75 ans après, une chose est certaine: sa détermination a définitivement infléchi la destinée de la ville de Nostradamus avec laquelle elle entretient une relation "fusionnelle" ainsi que le précisait hier Michel Tonon.
Pour s'en convaincre, il n'est qu'à voir la frayeur des élus il y a un an et demi lorsque l'armée avait remis en question l'avenir de ce site pour son plan de réorganisation. Et aujourd'hui, Michel Tonon se félicite des liens toujours plus étroits unissant Salon à sa base: "Le centre de recherche, la Paf, l'école de l'air et bientôt les Canadair, c'est une vitrine formidable pour nous. La base apporte aussi un dynamisme démographique. Je salue la lucidité de mon prédécesseur, j'espère qu'à sa place, j'aurais eu la même intuition que lui".
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La distinction de Philippe Adam
Pour des raisons purement protocolaires, le colonel Philippe Adam n'a pas pu recevoir son insigne sur la base d'Istres qu'il dirige, sa médaille devant lui être remise par une autorité ayant déjà reçu cette distinction. Ainsi, à l'occasion de la cérémonie d'hier, il était hier sur la BA 701 où il a été fait officier de l'Ordre national du Mérite par son homologue salonais et connaissance de longue date, Matthieu Péllissier.
Les deux hommes s'étaient en effet rencontrés sur la base salonaise en 1988 pour leur formation de pilote d'essai. Bien que ses responsabilités actuelles ne lui en laissent guère le temps, Philippe Adam essaie de continuer à voler au moins une fois par mois, "pour le plaisir".
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